On pouvait lire dans "La Provence" en date du vendredi 6 février :
ÉCONOMIE / Après l’annonce hier de la vente par le groupe américain de son usine de Rousset, les élus réagissent
Vente d’Atmel: stupeur et colère
C’était une crainte qu’on avait depuis plusieurs semaines. On savait qu’Atmel était fragile. La crise qui touche l’ensemble de la planète n’a pas arrangé les
choses." Hier après-midi, Jean-Louis Canal, maire PS de Rousset, où se trouve l’usine qui emploie plus de mille salariés, ne s’avouait
pas tellement surpris par l’annonce faite par le groupe américain Atmel de se séparer de son unité du pays d’Aix. Pas surpris, mais déjà volontaire dans le discours. L’élu, qui avait annoncé il y
a quelques semaines la possibilité de l’envoi d’une délégation française en Californie, où siège Atmel, n’aura finalement pas à réserver son billet d’avion. Malgré tout, les politiques locaux
déclarent vouloir se mobiliser tous azimuts pour la sauvegarde des 1337 salariés de l’usine. "Je me suis entretenu avec Michel Vauzelle (président socialiste du Conseil régional, qui
avait déjà alerté Nicolas Sarkozy il y a quelques mois sur le dossier Atmel), poursuit Jean-Louis Canal. Un groupe de travail pour suivre et accompagner ce dossier doit se créer." Maryse
Joissains, députée-maire d’Aix UMP et présidente de la Communauté du pays d’Aix, déclarait, hier soir, être "scandalisée". "Annoncé comme ça, c’est lamentable, minable, il faut
mettre en place une déontologie ! Ici, on est dans une logique purement financière... Pourquoi ne pas avoir fait de concertation ? Nous avons des accords avec la microélectronique, nous leur
remboursons une partie de la taxe professionnelle pour la pérennité des emplois et pour l’innovation (en 2009, les versements d’Atmel à la Communauté du pays d’Aix en taxe professionnelle
devaient s’élever à 25 997 685 €, la CPA devant lui "reverser" 1 820 000 €). Nous avons fait l’école Charpak, la France est en pointe dans le domaine de la microélectronique. Ce qui se
passe aujourd’hui à Rousset, ce sont des mauvaises manières américaines et j’espère qu’Obama va faire le ménage chez lui..." Si Maryse Joissains sait qu’elle ne va pas révolutionner les
codes du libéralisme économique, elle déclare tout de même être prête pour "la riposte". Vaste chantier qui s’ouvre pour la députée-maire déjà confrontée à plusieurs fronts, comme la LGV
ou la Cité judiciaire... Une première réunion rassemblant services de l’État, Conseils général et régional et partenaires sociaux pourrait se tenir dans la deuxième quinzaine de février. Élus et
syndicats comptent aujourd’hui profiter du délai de vente de dix-huit mois annoncé par le groupe américain pour imaginer des solutions.
Par Julien Danielides jdanielides@laprovence-presse.fr
Jean-Yves Guerrini, délégué du personnel CFDT, exprimait, hier soir, un "sentiment de colère". "Nous avions rempli le contrat de
Challenge 750, à savoir baisser notre coût de production d’une tranche de silicium de 1250 à 750 dollars et, du jour au lendemain,
on nous annonce cette vente. Vente faite au plus mauvais moment: qui, avec le contexte actuel, voudra reprendre l’usine avec plus de 1000 salariés ? (...) C’est un gâchis, nous sommes un site performant (...) J’espère qu’avec l’aide des pouvoirs publics nous trouverons des solutions de
reclassement."
Bien que l'entreprise Atmel soit installée dans les Bouches du Rhône, bien qu'elle verse sa Taxe
Professionnelle à la Communauté du Pays d'Aix, elle procure néanmoins du travail à une centaine de Saint Maximinois environ.
C'est la raison pour laquelle nous estimons qu'il serait du devoir de la Municipalité de Saint Maximin de réagir aussi, après cette annonce qui risque d'avoir des conséquences
dramatiques pour de nombreuses familles de la commune.
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